ITW. Emric Galienne sort du cauchemar Marseillais ! "J'ai progressé en tant qu'Homme"

L'air d'une vie peut s'assombrir à tout moment. Un salarié peut traverser des moments de doute, de remises en question. Beaucoup ont déjà subi du mépris, de l'ignorance, du rejet... Fin juillet 2025 Emric Galienne tape dans l'oeil de la direction du SMUC Marseille. Jusque là tout va bien. L'extérieur formé en Alsace débarque dans les Bouches-du-Rhône, avec le 2e plus gros salaire de l'équipe, TOP 10 de la poule A.... Malgré des qualités unanimes reconnues sur le plan sportif et un objectif de monter, c'est une descente aux enfers qui va délicatement fredonner dans le TKS de Marseille et aux abords de la cité phocéenne, au courant de l'automne 2025.
À commencer par ce premier Cauchemard qui surgit au milieu d'un rêve merveilleux, mais réel. Marseille affiche un bilan de 5 Victoires en cinq sorties. Emric Galienne se montre aux exigences, mais est benché et n'est plus convoqué avec l'équipe fanion, après une sortie en Coupe de France, résultat le natif de la Sarthe finira par quitter définitivement le navire, sans rupture de contrat.
ENTRETIEN
Emric vous vous êtes donc engagés à Val-de-Seine en NM1, après un séjour expédié dans le Sud, comment va s'organiser cette arrivée, du côté de l'Ile-de-France ?
La prépa reprend le 5 août. Je m'entraîne quotidiennement là, pour l'instant avec mes potes, au Mans, Adama etc... Le club m'avait proposé d'avoir l'appartement dès début juillet. Mais je n'ai pas la nécessité d'aller sur Paris. J'ai ma famille au Mans. Je vais m'y installer début août. Une semaine avant la reprise environ.
"Le match d'après le coach voulait me (re) renvoyer en réserve."
Malgré ce retour à la normale, difficile de ne pas évoquer, les montagnes russes que vous avez parcouru depuis maintenant neuf mois, vous prenez la décision de claquer la porte du SMUC, après quatre journées, quel souvenir en gardez-vous ?
J'ai arrêté de m'entrainer avec le groupe à partir de la quatrième journée (écoulée), à la mi-octobre. J'arrive fort en prépa, sur le mois d'août. Une douleur au tendon d'achille m'a écarté des trois premiers matchs de la saison.
Je reviens ensuite, lors du tour de Coupe de France vs Avignon je dois inscrire 20 ou 19 points en 20 minutes. Le match d'après, je joue 3 minutes.
Vous sortez ensuite des plans de votre coach... vous aviez pourtant été recruté comme un joueur majeur de l'effectif.
Sans entrer dans les détails, je n'ai plus eu la chance d'être dans le groupe. J'ai été envoyé un match en réserve. Le match d'après le coach voulait me (re) renvoyer en réserve. Avec mon agent, on a fait entendre que ce n'était plus possible, sans raison ni explication.
Peut-on parler d'un fait humiliant, au vu de la nature de votre contrat et des motifs de recrutement ?
C'était clairement humiliant. On peut le dire. (il cherche ses mots). Je voulais quand même faire le boulot pour montrer que j'étais professionnel. J'ai bien vu que rien ne changeait.
Après avoir joué avec la Régional 1, demander au président de venir voir les entraînements et que rien ne changeait... Je n'ai jamais eu de discussions avec le coach, aucune. J'avais l'impression que je m'entendais bien avec eux, même si je me suis fait évincer sans raisons et explications.

Cela n'empêchera pas l'ancien protégé de Pierre Homatter à Recy de parapher 6 mois plus tard, un contrat pro chez une TEAM NM1, à 23 ans. Le Manceau livre des mots poignants, où la résilience a été son fil pour ne pas sombrer au coeur d'un phénomène ingrat qui s'est rapidement stoppé.
Il y a eu un après Marseille, cette décision n'est pas évidente, qu'elle est la première chose que vous faites suite à ce départ ? (Marseille-Le Mans), ce n'est pas à côté*
La cassure s'est réellement établie, lorsque je suis venu à un match. Le coach m'a refusé l'accès aux vestiaires, a refusé le fait que je puisse m'asseoir sur le banc. Le lendemain, j'ai reçu un message WhatsApp du coach, dans lequel il m'excluait du groupe (WhatsApp de l'équipe). Il m'a dit de ne plus venir m'entraîner. J'ai appelé les présidents en conséquence. Ils n'étaient pas au courant.
JUSQU' A UNE REUNION DE CRISE
Emric nous confie ensuite qu'une réunion de crise a été ouverte, pour remédier à ce conflit ouvert. " L'équipe tournait bien. Le coach avait les pleins pouvoirs, suite aux excellents résultats."
Je savais qu'avec ce qui se passait aux entraînements ça n'allait pas durer.
Pourriez-vous préciser votre idée ?
Moi, j'avais retrouvé ma forme, comparable à celle que j'ai eu à Recy. Je m'entendais bien avec les gars. Je n'ai eu aucun problème humainement. Je reste en contact avec Louis Galbrun. Il souhaitait que je fasse du 3x3 avec CourtsideClub, avec qui je jouerai l'année prochaine. Myron Michée aussi. Jonathan Radjouki, le capitaine m'avait même envoyé un message pour me dire qu'il fallait que je continue, qu'il ne comprenait pas la situation, de persévérer.
Le coach ne comptait pas sur vous au départ ?
Le coach n'a pas géré. C'est le président et le Directeur Sportif. La seule chose qu'on m'ait dite, c'est que le coach ne souhaitait pas de mes services. Il avait prévu d'autres plans.
Je suis rentré dans ma région d'origine, en décembre j'ai ensuite une expérience de six semaines au Liban. Grâce un coach qui s'appelle Johnny Dano, il était coach U18 France, il va devenir assistant à Charleville-Mézières. Je n'ai pas forcément eu d'opportunité pour jouer. Il y avait déjà trois étrangers dans l'équipe. Au bout d'un mois, je décide de rentrer en France.
Le QG Manceau pendant 6 mois : Merci la JALT
Je remercie la Jalt Le Mans (NM2) et Zaid de m'avoir accueilli. Je me suis entrainé quotidiennement avec eux, au contact de Jérémy Leloup, Pierre-Etienne Drouault, Kévin Mendy. Je les remercie tous, ça m'a permis de bien progresser et d'arriver en forme pour la saison qui arrive.
L'aventure VAL DE SEINE. Un retour réciproque
Emric Galienne s'est donc ensuite engagé en NM1, au printemps. Explications, d'un choix logique.
En mars, Axel Dao contacte mon agent pour savoir si je peux faire une pige lorsque Kiady se blesse. Sauf que ce n'était pas possible, j'avais disputé 3 minutes avec Marseille en NM2.
Axel recherchait un joueur pour cette saison à venir, un combo 2/1. Mon agent lui a proposé mon nom, et Axel Dao a donc sauté sur l'occasion.
En l'espace d'une semaine Val de Seine et moi sommes tombés d'accord.
Je suis parti m'entraîner, sur place, en mai, juste après la dernière journée. Le dimanche il y a eu le contact et le mercredi on a eu cet accord oral.
Pourquoi était-ce important pour vous de prendre la parole aujourd'hui ?
Il y a surement beaucoup de résilience pour pouvoir y arriver. Je n'ai pas lâché. Je n'ai pas joué de matchs mais j'ai fait une saison où il y a une progression. J'ai progressé en tant qu'homme (vu la réalité de la vie).
Il faut croire en son étoile, à force de travail de bienveillance, de bienséance. À la fin tu réduis sur quinze ans de carrière lissé, la part de chance.

Existe-t-il des regrets de ce goût d'inachevé avec le SMUC ?
On ne peut pas avoir de regrets, lorsqu'on ne fait pas d'erreurs. J'estime ne jamais avoir fait d'erreur, même au plus bas, j'ai toujours pris les choses dans le bon sens, en travaillant. Je pense que l'équipe aurait pu aller plus loin avec moi et n'aurait pas fait la même saison. J'avais le deuxième plus gros salaire de l'équipe. Ils se sont séparés de moi pour me remplacer par Thomas Revol.
On aurait pu avoir Thomas Revol et moi. Ils ont perdu de l'argent avec moi.
Un Val de Seine flashy à venir
Emric Galienne affirme que le recrutement est super intéressant et qu'il peut surprendre beaucoup de monde. "On va avoir une équipe archi compétitive."
Un retour à Mulhouse ?

J'ai juste hâte de reprendre le début de la prépa et voir mon niveau par tout ce niveau et donc de prendre de l'expérience dans la division, à 23 ans.
Propos recueillis par Gauthier Carboni
Crédit Photo: DR EMRIC GALIENNE + (Jean Laurent Sollner / Communication Mulhouse Basket Agglo copyright 2023)
