Exclu. Thibaud Quémard (CEP Lorient)  " Retrouver un environnement stable dans lequel on puisse faire son métier correctement."

21/05/2026

La saison de NM1 n'avait pas encore été bouclée, que le CEP Lorient avait déjà scellé l'enveloppe sur laquelle figurait le nom de son nouvel assistant. Il s'agit de Thibaud Quémard, breton d'origine, passé par les Béliers de Kemper qui regagne ses terres. 

Le mardi 19 mai, le club Morbihannais encore en course dans les play-offs NM1 a d'abord annoncé la prolongation de Thomas Leroux (assistant en début de saison) au poste d'head coach, qu'il avait pris par intérim, en février. Selon nos informations, début mai, pour deviner le nom du futur assistant  il fallait se tourner à l'est de la France ... 

Thibaud Quémard (assistant-coach) pendant deux saisons, des Metz Canonniers, revient en Bretagne. L'ancien coach de la réserve des Béliers de Kemper (NM3) et de l'équipe fanion féminine (NF3) livre l'analyse de son choix et de sa signature au CEP Lorient Breizh Basket, à notre micro tout en pesant des mots forts.

Une déclaration choc sur son passage au Metz BC.

Après deux saisons délicates à Metz, avec un quotidien "pas évident", Thibaud Quémard a pris le temps, ce jeudi une fois l'officialisation dévoilée de répondre à nos questions par téléphone.

C'est avec un soulagement que l'assistant d'Alexandre Palfroy cette saison a pu clore une saison jamais simple à Metz, explications.

Thibaud, les gens peuvent potentiellement imaginer au vu de deux saisons pas évidentes humainement à Metz, que vous regardiez une piste de départ, racontez-nous comment s'est déroulée votre décision finale, signer à Lorient ? 

"On reste malgré tout concentré dans la saison. On n'a pas le temps de s'éparpiller en NM1. J'ai pris le temps de rester concentré sur mon travail. D'ailleurs, il a bien évidemment des questions qui se posent sur l'avenir, avec mon travail qu'a pu faire mon agent. Cela s'est vraiment décanté début mai, où les différentes pistes ont pu avancer. On a pris contact rapidement avec Thomas."

Vous retrouvez, un breton en Bretagne, Thomas Leroux, un visage qui vous est familier.

"On se connaît en tant que technicien breton depuis une dizaine d'années. On s'est affrontés à de nombreuses reprises, lorsque j'étais sur la NM3 et NF3 à Quimper et lui sensiblement la même chose à Lorient. 

Vous serez potentiellement le binôme le plus jeune de la division, est-ce quelque chose de singulier ?

"Je suis ravi pour Thomas qui a pu recevoir la confiance des dirigeants afin d'être prolongé. Il a fait du très bon travail, depuis qu'il a repris l'équipe. Je suis très honoré qu'il ait fait appel à moi et que je puisse l'épauler sur cette tâche-là. Je suis également ravi de pouvoir retourner en Bretagne et de collaborer avec Thomas pour essayer de faire au mieux dans ce projet ambitieux du Cep Lorient.

Vous allez donc vivre un projet d'une tout autre dimension, pour votre 3e saison en NM1.

"J'avais bossé en 2016/2017 un petit peu sur la partie vidéo. Effectivement en tant que salarié, il s'agira de ma troisième saison en nationale 1. Bien évidemment, ça va tout me changer. Lorient est un club avec des infrastructures qui permettent de travailler correctement. Ce qui est ici tout l'inverse à Metz. On va pouvoir être concentré énormément sur le basket. Ce qui n'était pas du tout le cas ici. Il y avait beaucoup de choses à gérer dans l'extra basket. On se prenait la tête au fur et à mesure que les semaines avançaient. Ma priorité était de trouver un cadre stable dont les dirigeants accompagnent à la structuration du club et au grandissement du projet, ce qui n'était pas le cas ici. Je vais enfin pouvoir travailler sereinement.

L'idée première c'était de retrouver un environnement stable dans lequel on puisse faire son métier correctement.

Le cadre de vie que vous connaissiez a-t-il joué dans votre décision au moment de la signature et de rallier Lorient ?

Pas forcément, je suis certes très content de me rapprocher de mes amis et de ma famille. À un autre endroit, ce n'était pas quelque chose que j'avais coché. L'idée première c'était de retrouver un environnement stable dans lequel on puisse faire son métier correctement. Ce n'était pas prémédité. 

Avez-vous reçu d'autres d'offres ?

J'ai pu échanger avec 3-4 coachs. Il y a eu des prises de contact plus tôt que l'année dernière (suite à l'instabilité du club), sans aucun contrat qui est arrivé sur la table. Lorient a dû être le quatrième club qui est arrivé ... et ça s'est fait très rapidement.
J'avais tout de même l'envie, l'année dernière, de poursuivre avec Alexandre Palfroy. Je ne le regrette pas, j'étais très content de travailler avec Alexandre. Je ne m'attendais de passer une année compliquée. Après mon choix a été définitif, cette année de quitter le club de Metz. 

Vu le contexte que vous venez de traverser à Metz, pensez-vous qu'il serait difficile de trouver un banc très rapidement ?


"En tant que coach, on est forcément jugés sur les résultats. Alexandre a été plus exposé là-dessus. À mon grand regret, on n'a pas pu correctement de défendre nos chances sur la saison. Je pense que c'est ce point-là que le club n'a pas compris. Il joue avec nos carrières. On est pris en otage, sur une situation qui ne s'arrange pas toute l'année..."


"Les gens voient que le résultat victoire/défaite et pas ce qui se passe en interne. Se battre contre les autres, c'était déjà compliqué, en plus se battre contre soi-même, ça l'a été encore plus. Aujourd'hui en tant qu'assistant, je n'avais pas cette responsabilité sur les épaules. J'ai opté pour réaliser mon travail avec le plus de sérieux au maximum. Dans notre métier, il faut voir si on est compatibles avec eux (coachs principaux). Il faut trouver une plus-value avec l'assistant. Je ne veux pas me vendre à tout prix auprès d'un coach. Je voulais prendre cette saison comme une expérience supplémentaire d'un an dans la division et d'apprendre sur la connaissance de la division."


En quoi consisteront vos missions aux côtés de Thomas ? 

Il y a déjà de la confiance qui existe avec Thomas, car l'on se connaît. C'est primordial, le travail de tous les deux va résulter derrière de la réussite de l'équipe et du travail de l'effort. Sur le travail cela va être de l'épauler au maximum sur son quotidien ainsi que de lui apporter la meilleure expertise sur les entrainements et sur le travail vidéo qui sera l'une de mes principales missions. (comme à Metz...). Je vois ce métier là comme force de propositions pour le coach. Après libre à lui de prendre ou de ne pas prendre. Si on peut avoir la même vision du basket, ce qui est le cas avec Thomas...

Gardez-vous un oeil sur le parcours des Lorientais en play-offs 

J' ai profité de mon séjour breton pour me rendre à leur quart de finale contre Le Havre. Ils enchainent avec donc Le Havre qui est un peu dans le même mood que Quimper, la saison dernière sur les play-offs. S'ils peuvent finir la série, ce vendredi en déplacement et se concentrer ensuite sur les demi-finales... Je leur souhaite d'aller le plus loin possible. 


Qui sait à l'heure actuelle Thibaud Quémard espère vivre sa troisième saison en NM1, mais il pourrait connaître un virage à 180 degrés en cas d'accession à l'Elite 2 des Morbihannais, dans un mois pile. 

La jeunesse n'est plus étrangère à cette ligue puisque le breton d'origine, Julien Mahé fraichement élu meilleur coach de Betclic Elite à 43 ans l'a montré par le passé à moins de 40 bougies, lorsqu'il a remis Saint-Quentin sur la carte de Betclic Elite. Elise Prod'homme arrive dans la division à 37 ans, ou encore Vincent Pinho, tout juste la trentaine (Montpellier Mosson Basket NM2) qui occupera un poste d'assistant dès septembre prochain.

Les cartes sont ouvertes, à coup sûr Le Roux-Quémard sera sans aucun doute, le duo le plus jeune qu'il s'agisse de NM1, ou encore davantage en Elite 2, si le CEP Lorient Breizh Basket parvient à créer la sensation, sur cette fin du printemps, en play-offs d'accession à la deuxième division.


Propos recueillis par Gauthier Carboni, le 21/05/26.

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