EXCLUSIF. Séisme à : Prissé-Mâcon pourrait avoir plus de 100 000 euros de déficit cumulé en 3 ans.

12/05/2026

Cela faisait quelques saisons, que l'eau avait changé dans le Mâconnais. Solide bastion de NM2 avec un joli budget, le club n°2 basket masculin de Saône-et-Loire se retrouve, début mai en péril. Rien n'est à jeter sur le sportif. Les hommes de Clément Sangouard puis de Cédric Lacroix se sont battus pour obtenir une 3e place exaequo de la poule A. Pourtant en coulisses rien n'est rose... Révélations exclusives d'une enquête menée depuis plusieurs semaines à Planète Basket National.

Les trésoreries du basket français souffrent partout dans l'hexagone. Coupe de personnels, croix sur la communication ou l'événementiel. La NM2 est impactée. Le budget moyen tourne autour des 210 000 euros. Ce chiffre concerne souvent l'ensemble de la structure associative en y incluant une part à la vitrine du club souvent majoritaire... 
Autrefois riche de près de cent partenaires, l'Etoile Sportive Prissé Mâcon a connu un déclin en coulisses. Ce qui arrive à chaque club... depuis difficile de rentrer de l'argent. Les charges sont importantes, les salaires aussi. Certains salaires ont été virés avec quelques retards sur les dates prévues. Ce fait n'est pas rare et touche de nombreuses écuries dans le basket masculin et féminin...

La rédaction a pu consulter des documents prévisionnels du résultat des finances de l'ESPM. Le club Bourguignon a envoyé un dossier et un bilan à l'équilibre pour la saison 2025/2026. Pourtant, en coulisses on nous confie que les recettes avancées ne correspondent pas à la réalité de la situation. La partie allouée aux salaires va faire sauter des yeux plus d'un. Toujours selon des documents officiels que nous avons pu consulter, les salaires versés font partie des plus élevés de la division... avec plus de 200 000 euros annuels alloués à la rémunération salariale de l'ensemble des salariés de l'ESPM. Ce qui peut être incompréhensif est la charge remboursée à l'euro près. Toujours selon nos chiffres, l'ESPM a eu près de 500 000 euros de charges sur la saison (NM2 + NM3). Ce fort taux de charge est à relativiser. Le club a mené deux très belles campagnes en NM2 et NM3 avec deux équipes engagées et de longs déplacements n'ont pas épargné les finances (15% de ses charges totales) d'un club mal situé géographiquement à l'extrémité sud en NM3 et nord en NM2 de tous ses concurrents... Ce montant de recettes interroge beaucoup en coulisses qui pointent la baisse du sponsoring suite à un contexte interne délicat.

Ainsi, des solutions, selon les chiffres qui nous ont été montrés, ont été trouvées en interne. Le club possédait en 2023/2024 un fond de réserve non négligeable. Depuis la situation économique a empiré. Ce fond a aujourd'hui était divisé par près de 10. Les dettes accumulées sur les deux dernières saisons sont déjà importantes. L'équipe évoluant en NM3 ne repartira d'ailleurs pas en championnat de France. Une demande de relégation en Régional a été formulée.

Reste à savoir le sort qu'il se passera devant la DNCG, le gendarme financier qui tranchera en faveur d'un maintien en NM2 ou d'une éventuelle rétrogradation administrative. Cognac, Brissac, Pont de Chéruy, Lille, Alençon, Tarbes ont disparu ou chuté puis sont réapparus...
 Le motif économique, nerf de la guerre peut faire perdre des guerres, mais tôt ou tard, la flamme peut renaitre. 


Toutes nos pensées vont à la direction de l'ESPM et aux dirigeants concernés et touchés de plein fouet par ces difficultés financières. 

L'enjeu de cet article n'est pas une tribune envers la gestion des clubs, mais bien de proposer un éclairage à nos lecteurs de la réalité de la vie économique fragile et instable des clubs semi-pros et amateurs... qui traversent des heures compliquées à l'heure où la situation géopolitique et l'inflation ralentit l'investissement des ménages. 


La rédaction avec nos correspondants en région Bourgogne-Franche-Comté


Share