Lyon SO, Besançon... Le point sur les équipes dans le dur après le premier tiers.

Plongées dans un format inédit, les 25 équipes professionnelles de NM1, ont lancé leur saison depuis plus d'un mois. Si on compte de belles surprises comme l'Union Rennes Basket et Loon-Plage, d'autres clubs éprouvent déjà des difficultés en queue de classement, jetons un oeil dans le rétroviseur au tiers de cette première phase.
En plein coeur de l'autonome, les favoris assurent déjà leur rang. Challans, Mulhouse, Boulogne-sur-Mer, Tarbes-Lourdes sont au rendez-vous. D'autres, étaient inattendus et sont récompensés par le travail et l'énergie humaine dégagés sur ces trois premiers mois. Loon-Plage et Rennes occupent en effet, le fauteuil de leader après la 9e journée de la Poule A et B. Bastien Demeuré et Quentin Wadoux avaient placé des espoirs dans leur discours, lors de la pré-saison à notre micro. On savait où chaque technicien voulait aller. Avec humilité et conscience de ne pas posséder les finances, les plus abondantes de la ligue, le Rennais comme son homologue Nordiste ont su travailler parfaitement pour réussir. Deux chefs d'orchestre récompensés après un tiers de 1ere phase. De quoi voir le maintien déjà acquis ? Pour les Toons de l'ASLP (7 victoires 1 défaite) c'est en bonne voie. Il y a des bonus pris. De quoi relâcher la pression ? Non, on le sait une saison de NM1 est longue et riche en rebondissement. Lorient en a fait les frais et a su sauver in extremis sa place en poule haute, la saison passée après un hiver délicat et un changement d'entraineur. À Rennes, idem. La marge d'avance est encore plus faible. Le club de basket d'Ile-et-Vilaine a su remporter des succès précieux à l'extérieur (Challans et Tarbes/Lourdes, ce vendredi 30 octobre, sur la sirène). Pourtant les écarts sont mineurs dans ce groupe de 13 équipes ou presque tout le monde peut s'imposer chaque week-end. Les coéquipiers de Dobbs et Joffrey Sclear n'affichent deux défaites de moins que ce long peloton composé de (Chartres, Angers, Lorient) dans lequel on peut rajouter Les Sables Vendée et Tours.
Ainsi, ces deux équipes, qu'on attendait en outsider, affichent déjà de jolies couleurs automnales. De quoi avoir suffisamment de paille pour passer l'hiver au sein du top 7 ? Tout dépendra de la forme physique des collectifs. A contrario de quatre équipes déjà décrochées, pas de signal d'alerte pour Rennes et Loon-Plage, les monstres ne hanteront pas la salle Colette Besson ni le chaudron Léo Lagrange, dans le Pas-de-Calais.
Bordeaux et Laval, face aux limites de leur effectif.
Avant d'attaquer un troisième mois, très dense de compétition, Besançon, Lyon SO, Laval et Bordeaux vont devoir réajuster le curseur. Trois de ces quatre écuries composent le bas de tableau des budgets. Deux sont promus et sont pour l'instant en difficulté assez logiquement. Il n'y a donc pas de grandes surprises à voir Laval et Bordeaux occuper les dernières places du groupe B. Avec des effectifs resserrés conjugué aux pépins physiques dans les rangs mayennais (Nsimba), difficile de créer un miracle. Pourtant, Laval comme Bordeaux ne sont pas si loin de leurs adversaires dans le jeu. Les deux promus manquent de fraîcheur. Surtout chez le tenant du titre du Trophée Coupe de France. Outre Sandro Perazza (24 ans et 8.5 points à 28%), et la belle révélation (Mohammed Abduslalam, 29 ans, 7.8 pts et 9.5 rebonds) la plupart des principales munitions ont dépassé la barre des 30 ans.
Côté JSA Bordeaux, la jeunesse et le recrutement payent quasiment. Il manque un regain de fraîcheur et de concentration sur les 40 minutes. Les Girondins (78-59, à Vitré) restent compétitifs malgré leur lourde défaite en Bretagne. Chartres-Toulouse-Angers-Lorient, quatre court revers à la maison qui auraient pu tourner de l'autre côté. Mais les 20 pertes de balle en moyenne concédés par match à la maison sont à gommer. Il y a eu du mieux face au solide voisin toulousain (13 pertes de balles), mais pas plus tard que lors dernière apparition au Palais des Sports, les soldats de Thomas Vincent ont offert 27 ballons aux Chartrains. Difficile, ensuite de rester au contact. Les efforts sont plus importants à fournir.
Ainsi, rien n'est à enlever à la qualité de ces deux groupes, expérience et talent, travail. Mais les automatismes de la NM1 doivent désormais être franchis pour recoller comme l'éclair au peloton du milieu de tableau. Laval retrouve l'Espace Mayenne avec une double réception : Toulouse puis Fougères, pour ce qui est du club aquitain, il prendra la route de Fougères, vendredi 7 novembre, qui n'a gagné qu'un match jusqu'à présent dans sa salle.
Besançon et Lyon SO : deux urgences, deux diagnostics.
Laurent Kleefstra avait confirmé, le 1er août à notre micro, dans le Doubs viser la poule haute. Avec un budget renforcé, et un mercato alléchant, le club bisontin entendait franchir un cap, après près de dix ans d'existence au sein du 3e échelon. Pourtant, le constat est loin d'être à la hauteur des attentes. Besançon est dans le rouge, après ses huit sorties. Une seule lumière verte a été allumée à la maison, face à Saint-Vallier (eux aussi en difficulté). Difficile de comprendre, l'ombre et le brouillard qui planent sur la cité fortifiée avec des revers laissés face à des concurrents pour le maintien (Charleville-Mézières, Lyon SO...).
Les quatre défaites à la suite, en septembre n'étaient pas gravissimes, les Bisontins loupaient le coche final (80-82 vs Val de Seine, 82-77 à Loon-Plage) puis est venu ce succès au forceps face aux Drômois, le 16 octobre dernier, lueur d'une saison enfin lancée ?
Depuis, sans son maître à jouer et taulier, Charly Pontens, les lions du Besac ne trouvent plus la créativité des premières prestations encourageantes. Pire, ils ont enregistré trois lourdes corrections. D'abord à Mulhouse. Puis, devant le SCABB Lab et le vendredi 30 octobre versus Boulogne-Sur-Mer, l'indisponibilité de l'intérieur US Montavious Myrick (10 points, à 65% 5.7 rebonds) a chamboulé l'ensemble des jalons du jeu et a supprimé le tandem 1-5, qu'avait mis en place Kleefstra. Malgré un troisième tour de Coupe de France, annoncé, ce mardi, à domicile face à Berck-sur-Mer, l'heure est au bricolage avec les forces en présence. Tombeur tout juste de Mulhouse, l'ABBR n'est pas rentré dans le Nord. Les deux formations de NM1 disputeront cette rencontre (hors-championnat) à 100%, avec en ligne de mire la possibilité d'offrir un match de gala à leurs supporters en 1/8e de finale, face à une équipe de BetclicElite. Les Bisontins restent la dernière et douzième place qu'ils partagent avec leurs voisins de Lyon SO (même bilan 1 victoire et 7 défaites).
Lyon SO, un maintien possible avec quelles armes ?
Les Rhodaniens ont connu des débuts délicats. William Hervé a pu goûter l'exigence réel de ce championnat. Le jeune tacticien, fils de Philippe Hervé, restait lucide, fin août à notre micro. "C'est avant tout un projet de formation et d'accompagner ces jeunes joueurs vers le haut niveau". Depuis quelques années, le club localisé à Pierre-Bénite à quelques encablures du Rhône, s'était offert les services d'un joueur US (Nunn, Nwabuzor...). Pas cette année. Toujours reconnu, pour son style défensif, Lyon SO accuse, ce début de saison quelques lacunes. L'effectif est très très jeune (22.5 ans) et doit donc s'acclimater aux exigences de la NM1 (plusieurs rencontres par semaine/niveau sénior).
Seuls Dossou et Zéro possèdent les rouages de cette épuisante compétition, qui gênent les organismes. Le poussin de la JL Bourg en fait les frais. Anatole Humeau (5.3 points, 5.8 rebonds en 22 minutes) est à l'arrêt depuis vingt jours. L'ancien bressan est touché par une blessure musculaire. En difficulté, sur le plan comptable, Lyon a donc abattu la carte joker. L'international malgache a rejoint le groupe, lors de cette dernière semaine d'octobre pour apporter toute son expérience du jeu, à 26 ans. Reste à savoir, si son passage pourrait donner satisfaction à Lyon de faire un effort financier pour le conserver sur une saison périlleuse pour ce jeune groupe qui ne refusera pas toute expérience supplémentaire, pour apprendre dans la sphère NM1.
"Son QI basket, sa qualité de passe et sa lecture du jeu vont nous permettre d'apporter davantage de liant offensif. Il s'est très vite intégré au groupe et nous comptons sur son expérience de la division pour nous apporter de la stabilité et renforcer la confiance de l'équipe. Son arrivée va également nous permettre de repositionner Junior sur les postes extérieurs, où il a toutes les qualités pour évoluer."
Déclare William Hervé sur le site internet du club.
Ainsi, Lyon, Besançon, Bordeaux et Laval sont tous confrontés à des casse-têtes qui n'arrangent pas leur situation. Les solutions devront passer par le terrain et notamment la gestion des corps pour préserver au mieux les ressources, très chères et fragiles, suite à l'enchainement des rencontres.
G. Carboni
